[ A la pige ]

Publié le jeudi 30 avril 2009

[ Jeudi 30 avril 2009 ]

Charest et l'éthique- Revue des medias ALP

La situation personnelle d'un ministre plonge dans l'embarras le premier ministre Jean Charest, qui a dû modifier les règles pour éviter qu'il se place en conflit d'intérêts.

Mercredi, lors d'un bref point de presse, le premier ministre Charest était sur la défensive, obligé de justifier le fait d'avoir modifié, en mars, pour la troisième fois depuis 2003, les règles d'éthique imposées aux membres du conseil exécutif.

Qu'il s'agisse du passage expéditif et encore mystérieux au privé de l'ex-ministre de la Santé, Philippe Couillard, qu'on réfère à l'affaire Mulroney-Schreiber ou aux pratiques douteuses pour l'attribution de contrats à la Ville de Montréal, le discours est plutôt au resserrement des mécanismes de surveillance. Le conducteur qui tient le volant à Québec semble rouler à contresens.

Il est paradoxal que la vice-ministre Nathalie Normandeau, en sa qualité de ministre des Affaires municipales, se déclare favorable à la création d'un poste de commissaire à l'éthique à Montréal et qu'en même temps certaines barrières tombent à Québec. Un ministre n'aura plus à se départir de ses intérêts dans une entreprise susceptible de solliciter des contrats du gouvernement, à condition qu'il n'intervienne pas directement.

La désignation d'un commissaire à l'éthique est de nouveau reportée. Au moins jusqu'à l'automne prochain.

On peut dire que Jean Charest a un sacré sens du timing

Michael Sabia, a dû vendre ses actions de BCE parce qu'elles le plaçaient dans une possible position de conflit d'intérêts, Ottawa marche sur la pointe des pieds depuis le scandale des commandites... L'éthique en politique n'est pas un vague concept philosophique, c'est une des plus grandes préoccupations des électeurs ces années-ci. Et aussi une des principales raisons qui poussent ceux-ci à bouder les urnes.

 

Abaisser les normes éthiques en ce moment, dans ce climat politique malsain, c'est un peu comme si le ministère de la Santé annonçait ce matin qu'il relâche les règles d'hygiène primaires comme le lavage des mains ou le port du masque en plein épisode de grippe porcine

Un code d'éthique uniforme, appliqué par un commissaire dans un processus indépendant du politique, c'est ça l'idée. Même pour un cas particulier, comme, exemple hypothétique, un ministre médecin de profession et toujours actionnaire d'une clinique.

Le fait est que Jean Charest aborde ces questions d'éthique avec légèreté. L'illustre la bénédiction donnée à son ministre de la Santé, Philippe Couillard, qui avait accepté une offre d'emploi dans une entreprise oeuvrant dans le domaine de la santé alors qu'il était toujours en poste. C'est avec la même légèreté qu'il prend actuellement la défense du candidat libéral dans Rivière-du-Loup, comté laissé vacant à la suite de la démission de Mario Dumont. Jean D'Amour, qui aurait eu des activités de lobbyisme non déclarées pour la firme d'ingénierie BPR, est l'objet de l'attention du commissaire au lobbyisme. Il pourrait arriver qu'une fois élu, M. D'Amour mette son parti et le gouvernement dans une situation délicate s'il était démontré qu'il a contrevenu à la Loi sur le lobbyisme.

 

 

M.Charest s'obstine et s'entête. Il fait même preuve de bien mauvaise foi lorsqu'il ose invoquer publiquement l'existence d'un commissaire à l'éthique alors qu'il sait pertinemment que le Québec n'en a pas. Des journalistes lui ont rappelé que le garde-fou auquel le premier ministre faisait référence n'existait même pas; M.Charest a poursuivi son idée sans les entendre, faisant comme si de rien n'était.

Le député de Québec solidaire, Amir Khadir, juge pour sa part qu'il s'agit d'une situation « tout à fait inacceptable », qui risque de mener le gouvernement à s'enfoncer « dans une forme de corruption ».

« Là, on permet le conflit d'intérêts et on le balise. Moi, je suis sidéré », s'exclame Stéphane Bédard, leader parlementaire de l'opposition officielle.

La leader du Parti québécois s'est notamment posé des questions sur Pierre Corbeil, redevenu ministre en décembre. Celui-ci a contrevenu aux règles en devenant conseiller d'une compagnie minière quelques mois à peine après avoir subi une défaite électorale, au printemps 2007,

 

Son dernier ajout vient encore donner l'impression que certaines personnes entrent en politique non seulement pour servir le public, mais bien pour servir aussi leurs intérêts par la même occasion.

Si vous êtes entrepreneur, allez-vous mettre des heures à préparer une proposition de services? La soumettrez-vous confiant que vous avez des chances d'obtenir le contrat, si vous savez que l'entreprise du ministre sera aussi sur les rangs?

Pire, si les allégations de l'opposition péquiste sont avérées, son laisser-faire semble s'étendre à l'extérieur du cabinet. Investissement Québec et les FIER sont aujourd'hui dans la mire.

Il n'a pas les compétences nécessaire pour être premier ministre. Il faut retourner à des élections pour tromperis gouverneMENTAL.

COMMENTAIRES

Bernard Gervais

La période des questions à l'Assemblée nationale. Interrogé à maintes reprises par François Legault au sujet de millions d'un fonds destinés au développement du Saguenay-Lac-Saint-Jean qui sont allés plutôt dans des entreprises montréalaises de bons amis des libéraux, le ministre Bachand jouait l'offensé, ne savait absolument pas quoi répondre pour s'en sortir !

Et ce n'est qu'un cas, parmi tant d'autres, qui nous prouve que le gouvernement actuel dépense l'argent des contribuables en pensant d'abord à ses propres intérêts plutôt qu'aux leurs !

Il croit avoir les coudées franches pour faire ce qu'il veut, ou du moins ce qu'il pense pouvoir faire accepter par la population. Cette attitude répréhensible rappelle le style de leadership qu'il avait mis de l'avant au cours de son premier mandat. Doit-on lui rappeler les écueils qu'ont été pour lui le développement du mont Orford, l'affaire des écoles juives, le bâillon à répétition, le revers sur la centrale thermique du Suroît,etc. Son gouvernement surnageait de crise en crise. Plusieurs de ses initiatives ont tourné au désastre. Il a fallu que le pouvoir lui échappe presque, en 2007, pour que le style Charest s'adoucisse.

En décembre dernier, plusieurs Québécois ont cru que Jean Charest avait changé pour de bon, Que le Charest Nouveau ne tournerait pas au vinaigre. Quand le premier ministre gère un dossier aussi maladroitement et obstinément qu'il ne le fait ici sur la question de l'éthique des élus au cabinet, il ressemble à un vin de dépanneur râpeux et sans lustre.

Ce n'est pas cette saveur que le Québec a choisie pour les quatre prochaines années.

 

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Christian Montmarquette

Dans les années 80' je me souviens très nettement que plusieurs tis-counes politiques prétendaient pouvoir régler tous les maux du Québec en dirigeant le Québec comme une bizness...

- Hé bien voilà ! !

- C'est chose faite ! ! !

 

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P.S

Le 9 septembre 2003, Jean Charest avait modifié ses directives pour permettre à Danielle Dussault, la femme de Sam Hamad, alors ministre des Ressources naturelles, de continuer à pouvoir transiger avec le gouvernement, sauf le ministère de son mari ou les sociétés d'État sous sa responsabilité. Mme Dussault possède un service de traiteur qui s'occupait de plusieurs événements.

Selon Bédard, un nouveau changement a été apporté le 4 mars dernier par Jean Charest, permettant à une fiducie sans droit de regard à laquelle un ministre aurait confié ses intérêts de transiger avec le ministère dont il a la responsabilité à la condition qu'il ne soit pas impliqué ni même informé de la transaction.

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[ publié par jeromet le 2009-04-30 13:08:23 ]

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