Le sommet des Amériques s'est achevé, dimanche 19 avril, à Trinité-et-Tobago avec la promesse d'une nouvelle ère dans les relations entre les Etats-Unis et leurs voisins du Sud. Il a été marqué par l'émergence d'un dégel avec Cuba et par l'image d'une poignée de main et d'un sourire controversés.
Pourtant, la presse américaine veut croire à une embellie dans les relations avec les voisins du Sud. Le président Obama a résumé le week-end en offrant une branche d'olivier à des adversaires comme Cuba et le Venezuela, en signe de courtoisie, pas de capitulation, indique USA Today. Le magazine Time relève que le sommet a permis le dégel des relations avec l'Amérique latine : la réunion baignait dans le climat d'entente favorisé par Obama, qui a promis un partenariat et une coopération d'égal à égal entre les Etats-Unis et le reste du continent. Le Christian Science Monitor souligne que malgré la crainte de voir la question de l'embargo imposé à Cuba détourner la réunion, le sommet a été marqué par un esprit de coopération.
Le Venezuela prêt à envoyer un ambassadeur à Washington
Les faits Morales veut que Washington condamne les complots à son encontre
Pourtant, il est un geste qui reste en travers de la gorge d'un certain nombre de commentateurs : la poignée de main entre le président américain et Hugo Chávez. Les critiques du sénateur républicain du Nevada, John Ensign sont reprises par Politico. " C'est un dictateur brutal, a déclaré le sénateur lors de l'émission "State of the Union", sur CNN. Je pense qu'il était irresponsable de la part du président d'être vu en train de rire et de blaguer avec Hugo Chávez ". Serrer la main du président Chavez ne trouble pas outre mesure le président Obama, constate Major Garrett sur Fox News.
Le L.A. Times souligne que la charisme du président n'a pas suffi à éclipser la question de l'embargo imposé à Cuba. D'ailleurs, le président américain et son entourage ont calmé les ardeurs, soulignant qu'aucun changement ne se ferait "du jour au lendemain" et que c'était à Cuba de passer aux actes. Ce qu'a confirmé Larry H. Summers, le principal conseiller économique d'Obama lors de l'émission "Meet the Press", sur la chaîne NBC.
Pour le Huffington Post, le sommet a néanmoins permis de voir émerger la doctrine de Barack Obama. Ainsi, pour Christine Pelosi, "les autres pays se rendent compte que nous ne sommes pas tenus à une politique qui a été définie avant que je sois né" est la phrase qui résume le mieux la nouvelle approche du président Obama. Le Washington Post estime aussi que dans la foulée de son voyage en Europe, au début du mois, le président a présenté une nouvelle approche pour les relations des Etats-Unis avec l'Amérique latine et les Caraïbes. Il exprime la volonté de changer la donne en renouant avec les principes des Nations unies, tout en reconnaissant que le poids de l'économie américaine reste primordial pour la région.
"L'antagonisme semble s'éloigner, remplacé par un enthousiasme palpable pour la nouvelle ouverture des Etats-Unis et l'espoir d'une amélioration des relations entre Washington et le Venezuela ou Cuba", note le New York Times. Cette nouvelle unanimité est un tournant, selon les dirigeants politiques de la région, à un moment où la capacité à travailler de concert pourrait s'avérer essentielle pour résister à la crise économique.
Lemonde.fr