[ A la pige ]

Publié le samedi 21 mars 2009

[ Samedi 21 mars 2009 ]

Un autre Michael Sabia ALP

Pour une agriculture à visage humain

Fabien Deglise

 

Un choix du MAPAQ sème la consternation

Après la nomination, la consternation. L'embauche par le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) d'un universitaire et consultant privé proche de l'agro-industrie pour l'écriture de la toute première politique agricole québécoise soulève l'ire des défenseurs d'une agriculture moins productiviste, à visage humain. Et ils appellent désormais citoyens, agriculteurs et instances régionales à se mobiliser pour contrer cette «inquiétante» décision.

«C'est un geste malheureux, a commenté hier Guy Rainville, chef du Parti vert du Québec. Pour sa première politique, le gouvernement avait la responsabilité de faire appel à quelqu'un d'ouvert qui adhère aux valeurs et aux recommandations du rapport de la Commission sur l'avenir de l'agriculture [présidée par Jean Pronovost], dont les conclusions ont été appuyées par la majorité des acteurs agricoles. À la place, il a choisi la personne qui a le plus critiqué ce document. Cela soulève bien des questions sur la direction que veut prendre le gouvernement avec sa politique.»

Sans tambour ni trompette, le MAPAQ a octroyé en effet au début du mois un contrat de consultant-expert pour sa future politique agricole à l'universitaire Michel Morisset, directeur du Groupe de recherche en économie et politiques agricoles (GREPA) de l'Université Laval.

Personnage influent dans le monde de l'agroalimentation, il est également, en marge de ses activités professorales, président de la compagnie privée Groupe AGECO inc. qui effectue des études économiques, des enquêtes et offre des services de marketing agroalimentaire. Ses clients sont entre autres l'Union des producteurs agricoles (UPA), Olymel, les Producteurs laitiers du Canada, la coopérative avicole Exceldor, la Coop fédérée ou encore la Financière agricole, peut-on lire dans le site Internet de l'entreprise.

Solidarité rurale fulmine

Dans une lettre adressée à Laurent Lessard, ministre de l'Agriculture, le 6 mars dernier, Claire Bolduc, présidente de Solidarité rurale, s'insurge d'ailleurs contre cette nomination qui ne donne pas «les garanties minimales d'objectivité et de neutralité» tout comme «le climat de sérénité et de confiance» nécessaire à l'écriture de la première politique agricole du Québec, écrit-elle.

L'organisme, versé dans la défense de la ruralité, se dit d'ailleurs «consterné» par ce choix «d'un mandataire» qui a «publiquement pourfendu le rapport Pronovost sur de nombreuses tribunes et fait la promotion de sa propre vision de l'agriculture et de l'agroalimentaire, qui se situe aux antipodes des recommandations» de la Commission sur l'avenir de l'agriculture.

Dans les grandes lignes, cette commission invitait le gouvernement Charest à mettre en place des cadres légaux qui favoriseraient à l'avenir le développement d'une agriculture plus diversifiée qu'elle ne l'est actuellement. La fin du monopole syndical de l'UPA, de l'intensification des cultures et de l'homogénéisation des produits, la promotion de circuits courts de distribution, des produits biologiques et du terroir ou encore la mise en valeur du territoire agricole dans une logique de développement durable étaient d'autres éléments évoqués.

Pour M. Morisset, «qui a été un critique de cette commission avant, pendant et après» sa tenue, souligne Benoît Girouard, président de l'Union paysanne, l'agriculture est surtout une «business» plutôt «qu'un mode de vie», a expliqué le professeur-chef d'entreprise lors d'une conférence présentée à Saint-Hyacinthe en avril dernier. Selon lui, deux agricultures cohabitent actuellement au Québec, «celle qu'on respecte» et «celle qu'on aime, surtout dans le 514», relatait d'ailleurs à l'époque l'hebdo agricole La Terre de chez nous.

L'homme estime que l'agriculture devrait principalement être rentable et performante. Pour lui, les agriculteurs ne seraient d'ailleurs plus au centre de l'activité culturelle québécoise, mais font partie désormais d'un «secteur économique» à part entière. Il pense aussi que l'on exagère l'engouement des Québécois pour les produits locaux et du terroir, puisque le marché veut surtout «manger international».

Appel à la mobilisation

«Il y a une incohérence évidente dans le choix de ce consultant», a commenté hier Roméo Bouchard, porte-parole de la Coalition pour un Québec des régions. Le groupe appelle au passage les citoyens à se faire entendre du ministre Lessard «pour que cette malheureuse nomination ne vienne pas compromettre l'application des recommandations du rapport Pronovost et pour empêcher ce gouvernement de se défiler une fois de plus devant les réformes nécessaires».

Michel Morisset a décliné notre demande d'entrevue hier, prétextant que cette activité n'était pas prévue dans «le cadre du mandat» que lui a confié le MAPAQ.

Sa nomination a toutefois été une fois de plus défendue par le ministère, qui estime avoir trouvé dans cet universitaire-consultant privé «le meilleur joueur sur la glace en ce moment» pour sa politique agricole, a indiqué l'attaché de presse du ministre Lessard, Jack Roy. Il précise toutefois que ladite politique est toujours sur la table à dessin, qu'ultimement elle va relever du cabinet, et qu'en tant que consultant-expert, «M. Morisset ne va pas signer les papiers».

Par ailleurs, tout en admettant que l'universitaire est actuellement le seul expert recruté par le MAPAQ pour l'élaboration de la toute première politique agricole du Québec, le ministère a refusé de dévoiler la rémunération liée à sa fonction. «Il a été embauché selon les règles et directives» en vigueur, a précisé M. Roy.

 

Vos réactions

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Le vendredi 20 mars 2009 07:00

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Le vendredi 20 mars 2009 06:00

Un autre Michael Sabia. - par Roger Lapointe

Le vendredi 20 mars 2009 06:00

Pourquoi douter de l'objectivité d'un professionnel? - par Pierre Ferron

Le vendredi 20 mars 2009 01:00

 

http://www.ledevoir.com/2009/03

[ publié par jeromet le 2009-03-21 17:26:48 ]

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[ Samedi 21 mars 2009 ]

Le futur PDG de la Caisse doit provenir du Mouvement Desjardins ALP

Caisse de dépôt: il faut nettoyer les écuries d’Augias

Supprimez les intérêts canadiens de la Caisse de dépôt!

 

Avec l’effondrement dramatique des actifs de la Caisse de dépôt et placement du Québec de 40 milliards, le dernier argument économique contre l’indépendance de la part des fédéralistes vient de disparaître. Si à l’occasion du référendum de 1995, les fédéraux nous avaient prédit en cas d’indépendance une perte de 1/10 seulement de ce que nous venons de perdre sous le régime fédéral, jamais les Québécois n’auraient pu le croire.

Non seulement Jean Charest s’est avéré le plus nul de nos premiers ministres en matière économique mais il était fatal qu’il le fut ainsi. En transformant le mandat de la Caisse de dépôt et placement qui devait agir comme agent de développement économique du Québec mais aussi comme garant de notre indépendance économique, il a permis que ce fleuron de nos institutions économiques, sous prétexte de recherche du haut rendement, devienne le déversoir de la culture de prédation qui caractérise le monde financier en général.

Les liens d’Henri-Paul Rousseau avec l’empire Desmarais nous montrent surtout que la Caisse est devenue probablement la proie de la famille financière libérale pour qui l’argent des Québécois doit surtout servir à épauler les entreprises les plus détestables de l’oligarchie canadienne à laquelle Desmarais s’identifie au premier degré. Créature du monde financier et économique qui veut mettre l’État québécois à son service, serviteur de la bourgeoisie coloniale de Westmount, Charest n’a plus aucune crédibilité pour entamer quelque réforme que ce soit à la

Caisse de dépôt et placement du Québec. La nomination apparemment téléguidée du contestable Michael Sabia à la tête de la Caisse n’est que l’arbre qui cache la forêt.

Si les Québécois ne veulent pas que soit édenté une fois pour toutes ce formidable instrument de notre redressement national qu’a constitué la Caisse de dépôt et placement dans le passé, ils doivent en retirer le contrôle à la clique fédérale qui a voulu la fin de notre émancipation, le déclin de notre État national et notre inféodation totale à l’oligarchie financière canadienne désormais basée à Toronto.

Non seulement, il faut appuyer l’idée d’une Commission d’enquête nationale crédible sur les déboires de la Caisse de dépôt et placement du Québec mais il faut entreprendre de nettoyer les écuries d’Augias. Le Réseau de Résistance du Québécois propose et exige que non seulement soit restauré le mandat initial de la Caisse de dépôt et placement du Québec mais aussi que son PDG soit issu d’un milieu propre, à l’abri des influences des grandes familles financières du Québec et du Canada. Il faut donc que

 

Le mouvement Desjardins est la seule institution financière au Québec où les cadres ne peuvent parasiter leur entreprise à des fins personnelles. Elle procède aussi d’un esprit de relèvement national inspiré par ses fondateurs. Elle ne peut être achetée et vendue par la mafia libérale. Elle appartient aux Québécois sans partage et en possède les valeurs fondamentales de soutien aux communautés, de développement régional, d’assistance aux familles. Elle échappe relativement aux lois de la jungle qui régissent le monde financier. Elle a été avant la Caisse, notre grand instrument de libération économique.

En 1995, les Caisses populaires ont refusé d’appuyer le formidable élan du Oui qu’elles avaient elles-mêmes réussi, en partie, à créer après cent ans de résistance économique contre le capitalisme anglo-saxon. Elles ont aujourd’hui l’occasion de racheter cette énorme faute, que nous payons maintenant très cher. Aussi, nous demandons instamment au Mouvement Desjardins de faire sa part pour arracher la Caisse de dépôt et placement du Québec d’entre les mains des accapareurs et des magouilleurs qui ont octroyé à la Caisse le statut de serviteur de la clique libérale fédéraliste.

Qu’elles se joignent une fois pour toutes au camp du Oui, pour épargner aux Québécois, le spectacle désolant du saccage de leur plus haute institution économique.

http://www.ameriquebec.net/actualites/2009/03 /18-caisse-de-depot-il-faut-nettoyer-les-ecur ies-daugias.qc

[ publié par jeromet le 2009-03-21 11:43:31 ]

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