[ A la pige ]

Publié le samedi 14 mars 2009

[ Samedi 14 mars 2009 ]

L'affaire Freeman,Obama a la croisée ALP

Etats-Unis: retrait de candidature d'un haut responsable du renseignement

— Charles Freeman, un diplomate américain chevronné qui était sur la sellette au Congrès, a retiré sa candidature à un poste élevé au sein du renseignement, dernier en date d'une série de désistements laissant vacants des postes de l'administration Obama

Deux candidates pressenties pour occuper des postes importants au sein du Trésor s'étaient retirées la semaine dernière. Annette Nazareth, pressentie pour être le bras droit du secrétaire au Trésor Timothy Geithner, a renoncé à ce poste. Le site internet du Wall Street Journal rapportait jeudi qu'elle avait renoncé "en grande partie" à cause de la longueur du processus d'accréditation imposé par le président Barack Obama aux membres de son gouvernement.

Caroline Atkinson, choisie par M. Geithner pour occuper le poste de sous-secrétaire aux Affaires internationales, s'est également retirée.

En février, Tom Daschle, en proie à des ennuis avec le fisc, avait demandé à M. Obama de renoncer à faire de lui son secrétaire à la Santé. Nancy Killefer, pressentie pour un poste élevé où elle aurait taillé dans les dépenses fédérales superflues, a renoncé pour les mêmes raisons.

Deux secrétaires au Commerce pressentis ont aussi jeté l'éponge, le démocrate d'origine hispanique Bill Richardson en raison d'une enquête visant une société en affaires avec l'Etat du Nouveau-Mexique (sud-ouest) dont il est le gouverneur, puis le sénateur républicain Judd Gregg, qui a invoqué des divergences avec Barack Obama.

De son côté, M. Freeman, volontiers critique envers Israël, faisait l'objet d'un processus d'accréditation houleux au Congrès. L'annonce de sa nomination par M. Blair à un poste où il aurait dû coordonner les vues des 16 agences de renseignement américain sur des sujets ultrasensibles a en effet soulevé l'inquiétude d'un groupe de parlementaires aussi bien démocrates que républicains soutenant fermement Israël.

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5inxZ91-n_WdKjDc8Sxa7SS3UIktQ

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Le départ de Freeman et la crise du régime

Message du même Freeman, le 10 mars dans le Wall Street Journal. (1)

Ce message mérite évidemment citation, et quelques passages nous éclaireront. Dans ce cas dramatique, il exprime la colère contenue et la lucidité d’un homme désireux de servir son pays, et empêché de le faire par une coalition absolument indigne, employant tous les moyens de cette indignité et mettant à nu du fait même les tares d’un système qui pourrit de l’intérieur l’identité et la souveraineté. Cela doit être lu en fonction de ce qu’on pense de ces valeurs, identité et souveraineté, – quoi qu’on pense par ailleurs des USA et de leur politique, – comme une mesure de la décrépitude morale et de la bassesse politique du système occidentaliste en général.

 

Effectivement, l’affaire Freeman, dans les conditions où elle se dénoue, – définitivement ou pas, c'est à voir, – marque un cas dramatique pour l’administration Obama et pour la politique de sécurité nationale du nouveau président. L’intervention de Freeman (son "message") est tout à fait inhabituelle, dans un domaine où règne une "obligation de réserve" tacite, – ou "régnait", semble-t-il, puisque l'état du système permet de moins en moins l'abstention à cet égard; elle constitue une affirmation publique particulièrement forte de l’état de la politique extérieure des USA, des conditions où elle est décidée, de l’emprisonnement où elle se trouve encore plus à cause des structures de fonctionnement du système, et de la place que ces structures font aux influences, qu’à cause des influences elles-mêmes.

Le départ de Freeman est un coup très dur pour l’administration Obama parce qu’il met en question la capacité et la liberté d’action de cette administration, alors que toute la politique du président est basée sur l’affirmation du changement impliquant évidemment toute liberté pour son action. Pour le Lobby, c’est évidemment une victoire mais, selon certaines circonstances, cela pourrait devenir une "victoire à la Pyrhus", si Obama était conduit à choisir de réagir, sinon à y être forcé par la logique de sa politique. Cette réaction ne pourrait être, à terme très rapide, que la nécessité de tenter de montrer sa liberté d’action, – dans le cas qui nous occupe, la nécessité de chercher à durcir sa politique vis-à-vis d’Israël. Qu’il réussisse à le faire, c’est une autre affaire quand on considère la "morale" du cas Freeman pour ce qui concerne l’état du système; mais il y a au moins une dramatisation du cas, avec la possibilité que l’influence monstrueuse exercée par le Lobby devienne en soi un sujet de crise, – d’une crise de plus, bien sûr. La limite de la réflexion serait, pour un esprit compliqué, de penser qu’on n’aurait pu imaginer meilleure opération pour tenter de discréditer a contrario le Lobby, – en mettant dans une telle lumière la monstruosité et l’indignité de son influence. Si, après cette affaire, tout continue comme avant, on pourrait en conclure que plus rien ne peut sauver ce système.

 

 

 

(1)«I have concluded that the barrage of libelous distortions of my record would not cease upon my entry into office. The effort to smear me and to destroy my credibility would instead continue. I do not believe the National Intelligence Council could function effectively while its chair was under constant attack by unscrupulous people with a passionate attachment to the views of a political faction in a foreign country. I agreed to chair the NIC to strengthen it and protect it against politicization, not to introduce it to efforts by a special interest group to assert control over it through a protracted political campaign. […]

»The libels on me and their easily traceable email trails show conclusively that there is a powerful lobby determined to prevent any view other than its own from being aired, still less to factor in American understanding of trends and events in the Middle East. The tactics of the Israel Lobby plumb the depths of dishonor and indecency and include character assassination, selective misquotation, the willful distortion of the record, the fabrication of falsehoods, and an utter disregard for the truth. The aim of this Lobby is control of the policy process through the exercise of a veto over the appointment of people who dispute the wisdom of its views, the substitution of political correctness for analysis, and the exclusion of any and all options for decision by Americans and our government other than those that it favors.

»There is a special irony in having been accused of improper regard for the opinions of foreign governments and societies by a group so clearly intent on enforcing adherence to the policies of a foreign government – in this case, the government of Israel. I believe that the inability of the American public to discuss, or the government to consider, any option for US policies in the Middle East opposed by the ruling faction in Israeli politics has allowed that faction to adopt and sustain policies that ultimately threaten the existence of the state of Israel. It is not permitted for anyone in the United States to say so. This is not just a tragedy for Israelis and their neighbors in the Middle East; it is doing widening damage to the national security of the United States.

»The outrageous agitation that followed the leak of my pending appointment will be seen by many to raise serious questions about whether the Obama administration will be able to make its own decisions about the Middle East and related issues. I regret that my willingness to serve the new administration has ended by casting doubt on its ability to consider, let alone decide what policies might best serve the interests of the United States rather than those of a Lobby intent on enforcing the will and interests of a foreign government.»

Le départ deFreeman est commenté ce matin par Jim Lobe et Daniel Luban. C’est un compte-rendu fort intéressant de la chose, qui met notamment en lumière toutes les interventions favorables à Freeman de ces derniers jours, et rend encore plus dramatique son départ

http://www.dedefensa.org/article-le_depart_de_freeman_et_la_crise_du_regime_11_03_2009.html

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Obama pick quits over Israel lobby

http://english.aljazeera.net/news/americas/2009/03/200931113340555177.html

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[ publié par jeromet le 2009-03-14 12:20:54 ]

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