[ A la pige ]

Publié le dimanche 8 février 2009

[ Dimanche 8 février 2009 ]

Russie: soustraire l'Asie centrale à l'influence de l'OTAN ALP

Au moment où la base américaine de Manas, au Kirghizstan, s'avère cruciale pour la poursuite de l'opération de l'OTAN en Afghanistan, le président kirghiz Kourmanbek Bakiev a annoncé sa fermeture, mardi 4 février, lors d'une visite à Moscou. Quelques minutes plus tôt, il avait obtenu de la Russie un prêt de 2 milliards de dollars, une aide supplémentaire de 150 millions, des investissements russes dans le secteur de l'énergie et l'effacement de la dette de son pays.

Ouverte après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis dans le cadre du soutien à la force internationale déployée en Afghanistan, la base américaine de Manas est une installation clé pour l'approvisionnement des troupes de l'Alliance. Elle a pris encore plus d'importance depuis l'explosion, mardi, d'un pont stratégique en pleine passe de Khyber, entre le Pakistan et l'Afghanistan, compliquant très sérieusement l'acheminement en hommes et en équipement via le Pakistan.

L'annonce de la fermeture de la base a été obtenue en échange d'une aide financière substantielle au Kirghizstan, le plus pauvre des Etats de l'Asie centrale post-soviétique. Le président Dmitri Medvedev a eu beau nier que la fermeture de la base et l'octroi d'un prêt russe étaient liés, les faits semblent dire le contraire. Confrontée à des coupures d'énergie sans précédent et à une chute brutale de son PIB - constitué à 45 % des envois d'argent des travailleurs kirghizs employés en Russie -, la petite République, aux abois, n'avait guère d'autre choix que de céder à l'exigence de son grand voisin.

L'éviction des 1 200 soldats américains déployés sur la base de Manas est une victoire pour Moscou. Hantée par la restauration de sa puissance perdue, la Russie cherchait depuis longtemps à reprendre pied en Asie centrale. Cette zone est considérée par l'élite politico-militaire russe comme son arrière-cour.

Selon les plans russes, les "boys" seront bientôt remplacés par la force rapide de l'Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC), l'alliance militaire de la Communauté des Etats indépendants. "Les autorités kirghizes sont en droit de penser que la base de Manas sera plus utile à la force rapide qu'à des troupes étrangères qui ne respectent pas la souveraineté du pays", a expliqué, mercredi, Dmitri Rogozine, le représentant de la Russie à l'OTAN, sur la chaîne de télévision russe Vesti.

Selon lui, "l'échec américain en Afghanistan constitue une grave menace pour les pays de la région. Les actions militaires qui font des dégâts parmi la population civile afghane ne font qu'affaiblir le camp des anti-talibans", a-t-il ajouté. C'est pourquoi les soldats du Pacte militaire de la CEI, dominé par la Russie, vont prendre le relais.

Cette décision ne peut qu'étonner. La Russie n'a-t-elle pas répété maintes fois qu'elle était favorable à la coopération avec l'OTAN en Afghanistan ? Au moment du coup de froid avec l'Alliance, lors de la guerre russo-géorgienne d'août 2008, cette coopération n'avait pas été remise en question. Par ailleurs, le Kremlin n'ignore pas qu'un échec de l'opération anti-talibans serait lourd de conséquences. Avant tout pour la Russie et pour ses alliés d'Asie centrale. Dans les années 1990, l'Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Kirghizstan ont déjà été confrontés aux incursions de mouvements islamistes extrémistes venus d'Afghanistan.

POLITIQUE DU FAIT ACCOMPLI

En réalité, la fermeture de la base est une des monnaies d'échange que le Kremlin s'apprête à utiliser dans le cadre du grand marchandage en cours avec l'OTAN. Mécontentée par la perspective d'une adhésion à l'Alliance atlantique de la Géorgie et de l'Ukraine, ulcérée par le déploiement d'un bouclier anti-missiles américain en Europe centrale, la Russie veut peser de tout son poids sur les discussions qui se tiendront à la conférence sur la sécurité de Munich, le 6 février.

Il s'agit également de faire passer en force l'installation de nouvelles bases russes en Ossétie du Sud et en Abkhazie, ces provinces géorgiennes annexées par Moscou après la guerre d'août 2008. Quitte à négliger les règles du droit international, la Russie impose sa politique du fait accompli. Moscou accepte de reprendre le dialogue avec l'Occident, mais à ses conditions.

Cette posture de défi contredit les voix optimistes qui croyaient que la crise économique allait conduire la Russie à infléchir sa politique étrangère. L'exemple kirghiz montre que Moscou a encore les moyens d'acheter la loyauté de ses voisins. "En tant que puissance régionale, la Russie n'a jamais été capable de proposer d'autres projets à sa périphérie que des accords militaires ou énergétiques", a déploré Matveï Ganapolski, l'analyste de la radio Echo de Moscou.

Marie Jégo

http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/02/05/la-russie-cherche-a-soustraire-l-asie-centrale-a-l-influence-de-l-otan_1151041_3214.html

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Un nouvel assassinat d'une personnalité tchétchène a eu lieu à Moscou. Gilani Chepiev, ancien maire adjoint de Grozny, a été abattu devant son domicile, jeudi 5 février, de deux balles tirées d'un pistolet équipé d'un silencieux. La victime avait déjà été la cible d'une tentative d'assassinat à Grozny, il y a trois ans. Le 24 septembre 2008, Rouslan Iamadaïev, le rival du président tchétchène Ramzan Kadyrov, avait été tué par balles au volant de sa voiture, à Moscou.

Par ailleurs, un journaliste d'opposition a été passé à tabac, mercredi 4 février, dans la banlieue de Moscou et est hospitalisé. La victime, Iouri Gratchiov, est le rédacteur en chef de Solnetchnogorski Forum. Ce journal de la ville de Solnetchnogorsk (65 kilomètres au nord-ouest de Moscou) dénonce régulièrement la corruption des autorités locales. En novembre, Mikhaïl Beketov, journaliste à Khimkinskaïa Pravda, avait été violemment agressé près de Moscou.

[ publié par jeromet le 2009-02-08 16:10:40 ]

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1 Commentaire :

Commentaire écrit le samedi 25 avril 2009 à 14:54:24 (lien)
Nazif Tura
Bonsoir,
Je travaille actuellement sur un travail de synthèse dont une partie porte sur la restauration du pouvoir de la Russie en Asie Mineure.
Je voulais vous demander si vous aviez à votre disposition quelconque source scientifique (en ligne) ou des noms d'auteur et d'ouvrages susceptibles de me venir en aide.
Je vous remercie pour votre attention, j'espère avoir votre réponse au plus vite et je vérifierais fréquemment ma mailbox :) merci

Nazif


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[ Dimanche 8 février 2009 ]

Le bout du tunnel ? ALP

LE MONDE | 07.02.09

Enfin un rayon de soleil dans ce monde chaotique où les effondrements succèdent aux catastrophes et les dépressions aux désastres ! L'indice CRB, calculé à partir des prix de dix-neuf contrats portant sur quatre classes de matières premières (énergie, métaux, métaux précieux et produits agricoles) a cessé de couler à pic depuis un mois et s'est stabilisé autour du niveau 360 avec une tendance à la hausse.

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Edition abonnés Archive : Le cours du baril de pétrole devrait rester bas en 2009 en raison de la récession

"Nous avons probablement touché le fond à la fin décembre, commente Philippe Chalmin, professeur à l'université Paris-Dauphine. Des rebonds sont en cours pour le fret maritime ou les céréales. Je suis haussier sur les produits tropicaux comme le cacao et le sucre."

Ce sont les produits agricoles qui ont sonné le réveil, avec des renchérissements de quelque 20 % en quelques semaines pour le blé et le maïs, pour cause de sécheresse en Amérique latine.

"Si les prix sont fermes alors que la demande continue de se dérober en raison de la crise, cela veut dire que les marchés anticipent des déceptions sur les récoltes à venir qui ne seront sûrement pas aussi pléthoriques que celle de 2008-2009", explique Emmanuel Jayet, responsable produits agricoles chez Société générale Cross Asset Research.

"Toutes les composantes de l'indice CRB ont remonté, complète Frédéric Lasserre, responsable des études sur les matières premières dans la même maison. Le cours du pétrole s'est stabilisé autour de 40 dollars (31 euros) le baril, l'or est repassé au-dessus de 900 dollars l'once en raison de la défiance à l'égard des systèmes financiers."

Qui sont ces courageux qui se risquent à parier à nouveau sur la demande de matières premières ? "Des institutions comme les fonds de pension ou les assurances, qui jugent que ces produits ont été massacrés et qui anticipent un redressement de la confiance sur les marchés, bientôt tentés de reconstituer les stocks pour préparer le redémarrage de l'économie mondiale, répond M. Lasserre. Car la deuxième moitié de 2009 pourrait être marquée par une amélioration du sentiment des opérateurs."

Quand se produira cette renaissance tant attendue et d'où partira le regain salvateur ? "J'ai tendance à penser, prédit Philippe Chalmin, qu'après le Nouvel An chinois, les achats de Pékin repartiront, entraînant une hausse de nombreux cours."

L'année du Buffle, signe astral de stabilité et de prospérité en Chine, a commencé le 26 janvier. Cela nous changera de l'année du Rat.

Alain Faujas

http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/02/07/le-bout-du-tunnel_1152197_3234.html#ens_id=1140230

[ publié par jeromet le 2009-02-08 09:43:15 ]

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