[ A la pige ]

Publié le dimanche 27 juillet 2008

[ Dimanche 27 juillet 2008 ]

Le contrôle de l'information est devenu «maladif» et «antidémocratique» ALP

Stephen Harper, ou l'art de cultiver le secret

Alec Castonguay

Le premier ministre menace la démocratie en voulant contrôler toute information en provenance des différents ministères de son gouvernement, dit un expert

«Le gouvernement ne veut pas de mauvaises surprises dans les médias,
mais il ne veut pas non plus de bonnes surprises. Il veut simplement tout contrôler.»
- Michel Drapeau

Le contrôle de l'information exercé par le gouvernement Harper est devenu «maladif» et «antidémocratique»,

Les ministres n'accordent presque plus d'entrevues et ne répondent plus aux questions des journalistes après la période de questions, à Ottawa. Les réunions du conseil des ministres ne sont plus annoncées, ce qui évite aux élus de devoir répondre aux médias à la sortie de la salle du cabinet.

Mais depuis l'automne dernier, la vis a été serrée encore davantage

 

Selon les informations recueillies au cours des derniers mois, le véritable problème se situe au Conseil privé. «C'est là que ça bloque. Et le ministère de la Défense est loin d'être le seul ministère à avoir des problèmes avec ses communications. Tout l'appareil gouvernemental est touché, confirme Michel Drapeau. On sent que les ministères voudraient nous parler et nous aider, mais ils ne peuvent pas.»

En matière de communication, les fonctionnaires de tous les ministères ont rebaptisé le Conseil privé et le bureau du premier ministre, qui travaillent main dans la main, «le centre», en référence à leurs bureaux situés au centre d'Ottawa, près du parlement. Selon le Toronto Star, le véritable nom de cette unité spéciale est «Communications et consultations». Elle serait située au sixième étage du Blackburn Building, qui longe la rue Sparks.

À cet endroit, des dizaines de fonctionnaires et d'employés du premier ministre décident ce que le public a le droit de savoir. C'est aussi là qu'on détermine quel ministre va parler sur quel dossier et à quel média. On émet alors un «message» que le ministre doit suivre à la lettre, quitte à répondre complètement à côté des questions des journalistes.

Tous les ministères doivent transmettre les demandes d'information reçues des médias à cette équipe secrète de communication, y compris les requêtes banales comme les chiffres de recrutement de l'armée. Parfois les délais de réponse sont interminables en raison de la surcharge de travail, parfois simplement parce que le gouvernement Harper ne veut pas que l'information soit rendue publique. C'est le goulot d'étranglement, le «ground zero», comme certains l'ont aussi surnommé.

C'est aussi au Conseil privé qu'on filtre toutes les demandes d'accès à l'information, alors qu'auparavant les ministères pouvaient procéder directement avec les demandeurs. Étant donné qu'une loi existe, «le centre» peut difficilement intervenir pour contrer les demandes, mais l'intervention du Conseil privé permet d'étirer les délais de réponse. Obtenir un document 6, 9 ou même 12 mois plus tard, alors que la limite permise par la loi est normalement de 30 jours, est devenu commun. Plusieurs documents arrivent aussi largement épurés.

Ce contrôle de l'information a amené Stéphane Dion à dire aux Communes ce printemps que le gouvernement Harper, «est le plus secret de l'histoire canadienne». Michel Drapeau n'est pas loin d'en penser autant. «Les ministères portent l'odieux et se font critiquer, parfois avec raison, mais le vrai coupable, c'est le gouvernement et la centralisation qu'il a imposée», dit-il.

Selon lui, on arrive à un point critique. «Le gouvernement ne veut pas de mauvaises surprises dans les médias, mais il ne veut pas non plus de bonnes surprises. Il veut simplement tout contrôler. Ce n'est pas normal. Les médias, c'est le grand public. C'est la source d'information la plus importante pour les citoyens. Ça devient antidémocratique», dit Michel Drapeau.

La raison de ce contrôle est simple, soutient-il. «Le gouvernement ne fait pas confiance aux gens. Il pense que chaque information va lui nuire et que les citoyens ne sont pas assez intelligents pour faire la part des choses.»

http://www.ledevoir.com/2008/07/12/197471.html

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Que les véritables enjeux soient cachés au public est un fondement de la politique néo-conservatrice

Jérome

[ publié par jeromet le 2008-07-27 22:39:51 ]

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